D'un atelier de nougat à une salle du soir
Vingt mois de chantier, cinq personnes et une consigne : garder tout ce qui pouvait rester debout, y compris ce qui ne sert plus.
Ce que nous avons trouvé derrière la devanture
Sous une cloison de placoplâtre, les deux plaques de marbre étaient intactes, encore scellées dans leur bâti de fonte.
Les bassines de cuivre pendaient au mur, noires de suie. Elles sont restées là, nettoyées mais jamais repolies : le cuivre brillant aurait menti.
Le sol à losanges rouges et blancs a été relevé carreau par carreau, et quatre-vingts pièces manquantes ont été refaites à l'identique.

- Cinq personnes
- L'équipe complète, cuisine comprise.
- Vingt-huit couverts
- La salle de devant, un seul service par soirée.
- Quatre tapis
- L'arrière-atelier, à son propre rythme.
Trois choses qu'on nous demande sur les murs
Le batteur fonctionne-t-il encore ?
Non, il est débranché et scellé ; c'est un meuble, plus une machine.
Peut-on visiter l'arrière-atelier en journée ?
Sur rendez-vous, hors service, en semaine et toujours accompagné.
Vendez-vous du nougat à emporter ?
Nous en servons en salle et nous en coupons au comptoir, mais nous n'en vendons pas en boîte.
Trois lignes que nous ne discutons pas
- Une partie reste une partie : rien de misé, rien de gagné, aucune ardoise ouverte d'un joueur à l'autre.
- L'ardoise suit la vallée : le jour où un produit manque, la ligne saute plutôt que d'être remplacée.
- Un verre de trop, et nous cherchons une voiture plutôt que de laisser reprendre le volant.